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Lundi 12 février 2007

Je suis déjà depuis 4 jours aux USA et le temps me parait long. Comment ai-je pu faire si facilement la tournée GFA qui dure 5 mois?

 

Bref, j'ai commencé ma série de concert par le Southwest Guitar Festival

(http://www.swgf.org/)

C'est gros festival très bien organisé par Matt Dunn professeur et guitariste à l'université de San Antonio qui arrive à chaque fois à avoir des interprètes connus et beaucoup de spectateurs aux concerts qu'il organise.

Il aime bien comment je joue et m'invite à chaque fois qu'il peut aux festivals qu'il organise tout en me payant bien pour les concerts.

Je suis arrivé Jeudi soir et j'ai directement été assister au concert de Pepe Romero.

La première partie comportait différentes pièces de Torroba, Turina et l'horrible Jota de Tarrega qui me sont apparues  assez mal jouées à tout point de vu à l'exception des gammes en buté.

 La deuxième partie était constituée principalement de pièces de Celedonio Romero (inspirées?) par le flamenco .Ces pièces ne sont bien sur jamais jouées vu leur indigence musicale .

Ce concert s'est  terminé par recuerdos en bis exécuté d'une manière fort peu sensible bien que le  tremolo de Pepe Romero soit  irréprochable...

Le concert a été un grand succès ce qui m'amène à penser que le public se fait bien souvent son opinion avant d'avoir entendu l'artiste et surtout entend ce qu'il a envie d'entendre.

Le lendemain ce fut mon concert, puis Samedi celui de Michael Chapdelaine ,le festival se terminant par un concert du Los Angeles Guitar Quartet.

Autant, je n'ai pas aimé le concert de Pépé ,autant celui de Michael Chapdelaine m'est apparu révoltant.

Voila quelqu'un qui joue moyennement de la guitare cordes métal(quelle différence avec Sylvain Luc par exemple), qui fait des arrangements primaires de chansons célèbres (quelle différence avec Dyens) et qui en plus se permet de dénigrer la guitare classique tout en massacrant la Saudade 3 de Dyens qui ne lui a pourtant jamais rien fait .Il l'a jouée en se foutant littéralement de la pièce, la rendant ridicule (le public riait parfois) tout en dansant pendant son exécution (expression à prendre au sens propre).

Il a ensuite tout au long de cette première partie fait tout un tas de blagues toutes plus lourdes les unes que les autres.

 

Bref, c'était détestable  et je suis donc partie à l'entracte.

Du coté des bonnes nouvelles, je dois dire que les finalistes du concours jouaient très bien.

Le vainqueur Aleksandr Tsiboulski a donné une très sérieuse et honnête interprétation de La sonate de Brouwer sans doute un peu sage mais vraiment très précise ,a joué ensuite du Dowland d'une manière peu convaincante à mon gout mais tout à fait estimable et a terminé avec Sevilla .

Bref ,il a joué sans esbroufe et je suis sur qu'il est encore bien meilleur en concert.

Concernant le deuxième prix, Florian Larousse, je ne peux pas dire grand-chose par déontologie personnelle mais il est clair que sa sonorité est magnifique (tout le monde a trouvé sa guitare(Terix )extraordinaire sans penser apparemment que c'est bien sur lui le responsable) .Il avait d'ailleurs déjà un son très riche et pur avec sa précédente guitare qui n'est pourtant pas une bonne guitare.

Il a besoin de prendre encore de l'assurance mais je trouve qu'il a un immense talent et j'aime beaucoup sa manière de faire de la musique. Les 2 autres finalistes étaient en dessous mais jouaient quand même très bien tout en me paraissant avoir certaines limites techniques entravant un peu leur expression musicale.

Bref, j'ai l'impression que le niveau aux USA se rapproche très fortement du niveau Européen.

Je suis parti ensuite pour Houston le Dimanche matin , et ai joué directement des mon arrivée.

Je parlerai de ce concert et du précédent dans un prochain message mais ,je pense que ce concert a été mon meilleur depuis 2 ans au moins. J'ai enfin eu l'impression de jouer comme je le souhaite.

Cela m'a rendu fort triste d'ailleurs….

par judicael perroy publié dans : guitareclassique
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Lundi 25 décembre 2006

Petit compte rendu d’un festival au Brésil à Belo Horizonte.

Tout d’abord, ce festival est le fruit  du travail remarquable et désintéressé d’un très bon guitariste : Alieksey Vianna qui, tout en prenant en charge l’organisation du festival ,a donné

un excellent concert avec quatuor à cordes.

Je ne connaissais d'ailleurs aucune des pièces jouées, certaines méritant à mon avis d'être connues ( pièces de Sergio Assad, Leo Brouwer, Wagner Tiso).

Beaucoup de concerts donc : je ne vais pas parler du mien non pas par modestie mais par pure charité (probablement pas) chrétienne !!!

Je ne vais pas parler des concerts que je n’ai pas aimés, je ne veux pas me fâcher mais uniquement celui de Pablo Marquez. Je le connais depuis très longtemps puisque j’ai pris un an de cours avec lui il y a 15 ans je pense.

Cette période correspondait à mon après baccalauréat. J’avais 17 ans et je recherchais un prof, envisageant de faire de la guitare professionnellement tout en ayant beaucoup de mal à faire le deuil de mon passé d’enfant prodige (je commençais à être moins régulier techniquement  que lorsque j’avais 14 ans) .J’éprouvais les plus grandes difficultés à m'imaginer travailler plus qu’une heure par jour.

Bref, je travaillais un peu plus et jouais moins bien à 17 ans qu’à quatorze.

Je rencontre donc à ce moment là, Pablo  un peu par hasard et commence les cours avec lui.

Bien sur je trouve qu’il joue très bien mais je n’aime pas totalement, je trouve cela un peu trop cérébral. A cette époque mes autres études musicales outre  la guitare se limitent à un élémentaire 2 en solfège que j’obtiens du reste uniquement grâce à ma bonne oreille.

Pablo insiste sur l’analyse et le son. Je le respecte beaucoup mais je ne suis pas convaincu. Lui-même fait encore des concours et bien que l’appréciant en tant que personne, en tant qu’artiste, en tant que prof, quelque chose ne marche pas.

Il me fait découvrir Claudio Arrau et plus généralement le piano ce qui s’avérera l’événement le plus marquant de cette année avec mon incapacité à travailler plus de deux heures par jour la guitare.

J’arrête le cours avec lui puis la guitare pendant 2 ans …..

Pour des études d’économie et de maths.

Je reprends ensuite (à la suite de divers concours de circonstances et du concours Bartoli) et vois Pablo en concert de temps en temps .J’aime de plus en plus et même lorsque j’ai des réticences (comme au Mexique il y a 3 ans) je passe un bien meilleur moment que pendant la plupart des concerts de guitare.

C'est donc avec grand plaisir que je m'apprête à l’écouter au Brésil.

Bien sur comme d’habitude son programme est prometteur.

Tout d’abord 6 Ricercar de Milano, la Sequenza de Berio puis en deuxième partie deux séries de variations de Narvaez ,le tiento de Ohana ,le tombeau de Debussy de De Falla ,puis la Chaconne de Bach.

Le programme est cohérent, crée des passerelles subtiles et stimulantes entre les pièces qu’il expliquera d’ailleurs avec modestie et intelligence pendant le concert.

Il commence donc par les fantaisies qu’il joue depuis des années. Chose remarquable à mon avis, il les joue de mieux en mieux, alors que le danger est de finir par se caricaturer ou de laisser les pièces se dégrader (comme pour ma fantaisie de Legnani d’ailleurs). Elles sont de plus en plus précises tout en étant plus libres que par le passé, bref ça devient « sa » musique.

C’est très dur de faire cela car même en étant sérieux, on peut finir par trop se sophistiquer et perdre tout naturel .Par exemple Brendel a enregistré 3 fois l’intégrale des Sonates de  Beethoven : la première est très vivante et moderne, la deuxième ajoute peut être encore plus de profondeur et de savoir faire ,la troisième devient par contre professorale et peu naturelle (ça reste très bon quand même).

Il poursuit ensuite par le Berio. Je comprends enfin cette pièce. Autrement dit, elle est vivante, subtile, émouvante et surtout est cohérente par rapport aux autres Sequenza .J’avais en premier écouté Elliot Fisk qui en faisait un ovni brutal et atroce puis des étudiants qui ne la maîtrisaient pas. Pablo la joue comme faisant partie du répertoire, comme une pièce venant de quelque part (l’histoire de la musique, l’histoire de la guitare). Bien sur ,on oublie l’aspect technique de cette redoutable pièce .Le résultat est un triomphe auprès du public avec une première partie pourtant extrêmement austère.

Il commence ensuite après l’entracte  par les variations de Narvaez .C’est un tout petit peu moins précis techniquement (à vrai dire la première partie était si remarquable qu’on n’y pensait même pas) puis enchaîne sur le Tiento que je préférerais peut être plus acre mais qui est peut-être joué  en demi teinte afin de s'insérer plus facilement au Tombeau de Debussy de De Falla. 

Enfin il termine par la Chaconne : la aussi comme au Mexique je n’ai pas tout à fait aimé sa transcription.

Il remet (dans sa manière de jouer les variations) la chaconne dans l’histoire de la musique, à savoir qu’il ne la joue pas comme si cette pièce venait de la planète Mars.

Je comprends cette idée,  je ne suis pas mystique mais je pense que je ne désacraliserais pas autant la pièce .Je suis aussi d’accord que beaucoup d’excès ont été commis sur cette pièce surtout de la part des violonistes (A mon avis Segovia est très sobre pour son époque !!!), mais en même temps, je pense que j’insisterais plus sur le caractère unique de cette pièce (sa longueur, les circonstances de composition….).

La transcription est assez dure et ajoute de nombreuses  voix à la partition violon. Pour être honnête, je ne suis pas totalement convaincu  car je trouve cela parfois un peu contradictoire avec le démystification opérée sur cette pièce par Pablo.

Malgré cela, je ne m’ennui pas un seul instant et surtout, tout en prenant du plaisir sur le moment, je me sens stimulé par ce point de vu même si c’est aussi parfois un peu en réaction.

Les bis sont très  bons : une pièce de Sor jouée de manière "salonesque", sensible et romantico-classique, un étude de percussion de Kampella, puis une pièce argentine populaire parfaite pour conclure le concert.

D’après moi ce fut non seulement un très grand concert de guitare, mais surtout un très bon concert de musique .J’ai oublié pendant cette heure que j’étais guitariste et cela m’arrive très rarement pour un concert de guitare. Ces dernières années ce fut le cas avec Paul Galbraih (mais joue t-il vraiment de la guitare ?), puis ponctuellement sur quelques pièces entendues à droite ou à gauche : La sonate 3 de Ponce par Pablo Garibay, Alieksey Vianna jouant une pièce de Sergio Assad, Jeremy Jouve jouant des pièces de Rodrigo, quelques pièces par Pavel Steidl……

C’est aussi un très grand enseignement et surtout un réconfort de voir que l’on peut avoir un très grand succès avec ce type de répertoire joué avec autant d’intégrité.

J’essaye à mon modeste niveau de donner cette vision du rôle d’artiste à mes grands élèves mais il est vrai que le fait qu’ils fassent des concours occasionne plutôt une démarche plus prosaïque.

J'espère cependant qu’ils arrivent quand même à gagner les concours (ça c’est sur !!!!) tout en ne perdant pas de vu cette recherche artistique….

par judicael perroy publié dans : guitareclassique
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Dimanche 10 septembre 2006

Je vais réécrire:

A propose d'un festval de guitare à Bratislava ou j'ai donné un concert et ai été jury pour le concours international

L'enregistrement  de la Tonadilla de Rodrigo pour le CD Rodrigo de Jeremy Jouve.

Le stage de guitare auquel j'ai participé (concerts de Jeremy Jouve,Sylvain Luc,moi meme)

A bientot! 

par judicael perroy publié dans : guitareclassique
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Dimanche 10 septembre 2006

Je suis de retour et je vais essayer d'écrire régulièrement.

J'ai mis pas mal de videos sur youtube:

Iverno porteno ,un très bel arrangement de Sergio Assad (ma préférée):

http://youtube.com/watch?v=58CBPnsyKl8

Tango de Nunez (un concert au Mexique vu que j'essaye de parler en espagnol):

http://youtube.com/watch?v=_WSIkEH7iA0

Fantaisie hongroise de Kaspar Mertz en France

http://youtube.com/watch?v=z2ZERJv73WU

 

Enfin des vieux enregistrements de pièces que je ne joue plus pour certaines (Zapateado,invocation et danse,Suite pour violoncelle de Bach....) en 1993 (l'age de mes élèves!!!).

Le temps est passé mais c'est bien moi!!

 

Bach:

http://youtube.com/watch?v=2WuRgYh5_uw

http://youtube.com/watch?v=7tapI1evNsM

http://youtube.com/watch?v=1VRrfeOlXn0

http://youtube.com/watch?v=7tapI1evNsM

 

Invocation et Danse de Rodrigo ,la seule pièce de Rodrigo que je peux imaginer jouer dorénavant avec le concerto d'Aranjuez!!!

http://youtube.com/watch?v=QVuYEFfKLHE

La pièce de concours :Zapateado dont la partition est assez peu respectée ici!

http://youtube.com/watch?v=kbO1Ont5ezE

Sevilla d' Albeniz :

http://youtube.com/watch?v=_37QgKsaMl0

Variations sur un thème  de Haendel de Giuliani

http://youtube.com/watch?v=4onWjB3ic5c

Voila vous pouvez laisser des commentaires!!!!

par judicael perroy publié dans : guitareclassique
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Vendredi 14 avril 2006

Je suis toujours dans Prélude, Fugue et Allegro, j’ai d’ailleurs l’impression de m’y perdre.

J’ai appris cette pièce très vite et alors que je pensais avoir fait le plus difficile (je l’ai jouée correctement en concert un mois après l’avoir commencée), je réalise que je suis très loin du compte. Tout d’abord j’ai trouvé ce matin une erreur de note !!!!!

Je trouve encore tous les jours des erreurs d’articulation qui m’obligent à refaire des doigtés et je ne suis plus si sur de mes tempos que je pense désormais trop rapide.

Plus ennuyeux encore,je ne parviens pas à résoudre l’essentiel :

A savoir jouer cette musique émotionnellement tout en respectant pleinement la partition.

Je n’aime pas les citations  mais je pense en ce moment beaucoup à cette phrase :

Jouer Bach comme Chopin et Chopin comme Bach.

Explication :

Chopin doit se jouer rigoureusement (avec un rubato mesuré par exemple), et Bach doit se jouer comme de la musique émotionnelle (pas seulement intellectuelle)

Et vice-versa.

J’ai donc écouté les Variations Goldberg de Bach interprétées par Murray Perahia. Je ne suis pas fou de ce pianiste que je trouve parfois trop léger, manquant de chair  dans son jeu mais son interprétation peut être qualifiée de post-Gouldienne (Désolé pour le barbarisme !!!).

Il reprend tout ce qu’a apporté Glenn Gould (l’architecture ,le respect de la polyphonie entre autre) tout en y ajoutant une sensualité et une forme liberté et de romantisme (voir la citation ci-dessus) qui ont été bien des années totalement évacuées dans les interprétations des oeuvres de Bach.

Bref pendant des années les pianistes ont été à la fois intimidé par Bach et par Glenn Gould, d’où de nombreuses versions sans âme quoique relativement exacte.

Perahia réussi dans son interprétation à concilier la liberté et la rigueur ,deux notions s’opposant chez Bach avec peut-être encore plus de vigueur que chez n’importe quel autre compositeur.

Je n’arrive pas à résoudre ce problème basculant sans cesse  d'une liberté excessive se faisant au détriment de la pièce à une rigueur extrème étouffant toute créativité et émotion.

Bref, j’oscille et je vacille….

par judicael perroy publié dans : guitareclassique
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